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Programmes de recherche

Oraison funèbre de Périclès (détail), Philippe Flotz, 1877 © Wikimedia Commons

SAVOIR ET PERSUADER

Texte

Ce projet de recherche s'applique à étudier la relation entre savoir et persuader dans les corpus rhétoriques et philosophiques. L'alternative entre savoir et persuasion est au centre du débat philosophique en Grèce ancienne : à partir de Platon, au IVe siècle av. J.C., on assiste à la naissance d’une tension entre la tradition rhétorique florissante dans la politique athénienne et une conception philosophique et rationaliste de la parole publique. Platon introduit l’idée qu’une nouvelle rhétorique basée sur la connaissance et des procédures rationnelles d’argumentation est possible, une rhétorique qui se distinguerait de la technique rhétorique traditionnelle qui constitue selon lui une persuasion dénuée de savoir. Des conceptions similaires se retrouvent chez Aristote et les Stoïciens. Ces trois écoles de pensée peuvent être rapprochées autour de ce concept de « rhétorique philosophique » qu’ils essaient de définir en opposition au corpus rhétorique naissant. En effet, malgré leurs divergences, ces penseurs cherchent à rapprocher la rhétorique de la dialectique, c’est-à-dire à fonder la rhétorique sur l’argumentation logique. Cette approche détermine ensuite la tradition philosophique de la période hellénistique à l’Antiquité tardive qui cherche à en produire la systématisation autour d’une question : comment produire une parole persuasive sans perdre de vue la vérité ? Comment, lorsqu’il faut convaincre pour déclencher la décision et l’action, ne pas travestir ou déformer la réalité ? Comment distinguer, dans la parole publique, la parole enjôleuse de celle qui cherche sinon à instruire, du moins à éclairer le jugement ? Et comment faire pour qu’elle s’impose au public dans un contexte de pluralisme démocratique ? Notre projet propose de repartir de l’ensemble de ces questions posées par la tradition philosophique pour, d'abord, étudier ce phénomène relativement négligé et ensuite, pour envisager comment un tel débat pourrait éclairer la crise actuelle que traverse le discours public.

Responsables : Vladimir Mikeš (Prague, Department for the Study of Ancient and Medieval Thought), Stéphane Marchand (Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

Membres du projet : Pierre Balmond, Anthony Bonnemaison, Vojtěch Linka, Jeanne Ravaute

SPIDER

Texte

Science and philosophical debates a new approach towards ancient Epicureanism (SPIDER)

The present project falls within the context of this recent of research. Its guiding theme will be science understood, in Epicurean terms, both as epistemology (canonics) and as the science of nature (physiologia).
The aim will be to explain in what way, through its deep and constant dialogue with other philosophies (Academic, Aristotelian, Sceptic and Stoic) and sciences (geometry, astronomy and medicine), Epicurean atomism is capable of accounting for the most peculiar and complex cognitive and natural phenomena in a way that is functional to ethics.

Responsables : Stéphane Marchand et Pierre-Marie Morel

Le projet SPIDER

PROLEPSIS (2019-2022)

Enquête sur les savoirs précognitifs dans la philosophie ancienne

Le projet PROLEPSIS étudie ce qu’il faut connaître avant de connaître : quels états pré-cognitifs sont présupposés pour rendre possible la connaissance ? Cette étude thématique cherche ainsi à identifier les différentes approches de la prolepse (πρόληψλις ou notitia en latin, la "préconception" ou "prénotion") : À partir de quoi se constitue-t-elle ? Si elle est condition de la connaissance, faut-il pour autant la considérer comme innée ? Dans quelle mesure peut-elle se constituer empiriquement ? Comment, enfin, peut-elle rendre compte de la constitution du savoir ? Il s’agit d’envisager les réponses à ce problème d’épistémologie cognitive dans les théories de la connaissance de l’Antiquité. En partant du problème du Ménon, il sera envisagé tour à tour la particularité de la réponse platonicienne, aristotélicienne, puis le tournant décisif initié par le paradigme empiriste imposé par la philosophie hellénistique et, enfin, ses évolutions dans la pensée médicale (Galien) ainsi que dans le néo-platonisme.

Responsable : Stéphane Marchand

MEMORIA (2016-2018)

Texte

Les théories de la mémoire de l'Antiquité au Moyen Âge

Le projet Memoria (V. Decaix) s'intéresse à une capacité psychologique : la mémoire. Comment expliquer le mécanisme de la mémoire? De quoi nous souvenons-nous ? Qu’est-ce qu’un souvenir ? Ce projet se propose d’examiner la réception, entre l’Antiquité et le Moyen Âge latin, de la conception de la mémoire et de la réminiscence (la remémoration volontaire), défendue par Aristote dans son traité De memoria et reminscentia. L’approche proposée est spécifique à l’Histoire de la philosophie, c’est-à-dire un traitement à la fois philosophique et historique des concepts.

Bilan :

  • 4 workshops :
    • Sur Aristote (juin 2017), 2) Sur le néoplatonisme (octobre 2017), 3) sur la philosophie arabe d'Avicenne et Averroès (octobre 2018), 4) Sur la tradition augustinienne (Janvier 2019)
    • Un panel organisé en juillet 2018 sur la mémoire dans la philosophie médiévale latine dans le cadre du 20e International Medieval Congress de l'université de Leeds
    • Un volume (10 articles) intitulé "Memory and Recollection in the Aristotelian Tradition", édité avec C. Thomsen Thörnqvist (University of Göteborg), à paraître chez Brepols dans la collection "Studia Artistarum"
  • 4 articles publiés et une monographie en cours.

Responsable : Véronique Decaix